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#6 Thèses sur le concept de grève
i2d | 01 Février, 2008 18:43
On pourrait être tenté de croire, à la lecture de ces thèses, que celles-ci opposent à la grève non-mythique, syndicale, une autre grève. Cette dernière serait la seule forme acceptable, l’autre une forme à dépasser.
Mais la grève mythique n’est pas une
autre grève qu’il s’agirait d’imposer à la place de la première. Car celle-ci seule existe. Et la grève mythique n’existe pas.
Ces thèses ne disent donc pas aux grévistes réels : « Laissez là votre grève et venez à la nôtre. » Ce serait les tirer de la réalité où ils se trouvent vers l’irréalité; les tirer de l’intérieur vers l’extérieur… alors même que la grève, selon la thèse n°2, ne peut être qu’intérieure.
La grève mythique a à venir habiter le réel et seule la grève réelle est réelle.
Il est fréquent que les tenants de la radical-extériorité, dont une grande part de l’art s’épuise à critiquer la grève réelle sur laquelle ils vivent comme de (toujours bénéfiques) parasites, cultivent un mépris (sain, très souvent) de la grève réelle ; c‘est que le réel les rend tristes (la tristesse est la maladie de l‘extériorité, cf. thèse n °5 des
Thèses sur le concept de radical-extériorité).
Ces thèses sur la grève, au contraire, s’adressent à la grève réelle ; parlent à la grève réelle (de la grève mythique).
La grève réelle et la grève mythique ne peuvent être tenues en un rapport d’exclusion : la grève mythique habite la grève réelle ou n’est rien qu’une utopie – un extérieur du monde.
La grève réelle (syndicale), parce qu’elle naît du travail malheureux, n’est donc JAMAIS objet de mépris.
La grève mythique, dont ces thèses sont les thèses, ne méprise pas la grève réelle.
Il n’y a qu’une seule grève.
Institut de Démobilisation, février 2008
i2d_#6_thèses_concept_de_grève.pdf