Lettre à la Direction des Publics du Musée du Louvre
i2d | 27 Avril, 2008 14:14
Courrier à la Direction du Public (DP) du Musée du Louvre. "C’est que le monde merveilleux de la marchandise-fétiche, fût-il assimilé grossièrement comme ici à celui, ailleurs bien vivant, de l’art, nous ennuie profondément. Nous nous refusons en effet, et en toute occasion, à rester de passifs spectateurs. A contrario, l’existence de ces « visiteurs étrangers, venant de cultures parfois très différentes de la nôtre, [et qui] n’ont pas toujours les même réflexes vis-à-vis des œuvres exposées », l’existence de ces touristes chinois qui, en dépit de tous vos dispositifs disciplinaires, s’allongent dans vos vénérables sarcophages, nous remplit immensément de joie ; preuve que l’art n’est pas tout à fort mort, que sa muséification spectaculaire dans les dépotoirs de la non-intervention n’est pas encore totalement achevée. Ce que ces touristes chinois ont fait ou continuent de faire, nous voudrions encourager tous les visiteurs du Musée du Louvre à le reproduire eux-mêmes. Et au nom de quoi, sinon de son affligeante valeur d’échange, serait-il interdit de « toucher » un tableau ou une sculpture ? Car, et c’est là notre mot d’ordre, l’art ne doit pas être séparé de la vie quotidienne."
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Capitalisme et kleptomanie
i2d | 15 Avril, 2008 20:05
Comment comprendre que le jeune Saint Augustin et sa bande de mauvais garçons aient fait un énorme butin de poires « non pour [s’]en régaler, mais pour le jeter aux porcs » ? Comble de l’hérésie !
« Dès le début du 19e siècle, le monde médical comprit qu’il existait un petit sous-groupe d’individus qui dérobaient des objets dont ils n’avaient aucunement besoin ou qu’ils auraient pu acquérir sans problèmes, poussés par une pulsion difficilement contrôlable, si ce n’est irrésistible. » Car le vol est seulement intelligible s’il trouve à s’inscrire dans la dialectique du capital, si les biens volés sont destinés à être revendus ou à tout le moins directement consommés, en tout cas si une
plus-value est effectivement réalisée dans l’affaire ; la morale alors reste sauve, ô petite crapule capitaliste.
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14/04/2008 : Rennes
i2d | 14 Avril, 2008 11:28
Lettre à Alain Renaldini (Section du PS de l'Île de Ré). "Le vœu d’une rapide dissolution du Parti dit Socialiste est loin d’être pour nous la lubie que vous pensez. A tout point de vue, cette dissolution nous apparaît comme une étape nécessaire (mais non-suffisante) en direction de cette transformation radicale à venir. C’est que le Parti Socialiste, et quiconque y aura réfléchi plus de deux minutes le tiendra maintenant pour une évidence, n’a plus à ce jour de « socialiste » que le nom ; et c’est sur le poids historique de ce nom seul que les bouts de ficelle pantelants qui le constituent parviennent à faire encore illusion, que le PS peut se présenter encore comme un parti d’« opposition ». Quoi de plus éloigné en effet d’un socialisme réel que vos pratiques et vos combines pour briguer le pouvoir à chaque sortie d’urne ? Et combien de privatisations sous nos gouvernement dits « de gauche » ? Et combien de reconduites à la frontière ? Et combien de caméras de vidéosurveillance, Jean-Pierre Chevènement ? Ne serait-ce la formidable détresse matérielle et morale dans laquelle les dirigeants spécialisés, dont vous êtes, maintiennent sciemment les ressources humaines mobilisées de la guerre économique, tout cela prêterait à sourire. Mais le temps presse."
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12/04/2008 : Rennes
i2d | 13 Avril, 2008 20:59
Mail aux responsables de la Section socialiste de l'ïle de Ré :
"Suite à la publication sur votre blog et sans l'accord de son auteur, de l'article "Alarmante banalisation des vigiles" de M. Martin Mongin, membre de l'Institut de démobilisation, le-dit Institut tient à vous faire savoir qu’il considère le Parti dit Socialiste comme un parti éminemment nuisible et qu'il travaille en direction de sa souhaitable dissolution dans les délais les plus brefs."
Du bon usage des dispositifs
i2d | 11 Avril, 2008 13:10
Un dispositif est toujours une solution à un problème. Il répond donc à un cahier des charges strict et précis. Les ingénieurs sont les savants qui résolvent les problèmes qu’on leur pose en concevant des dispositifs ; problèmes dont la sphère séparée des dirigeants spécialisés possède aujourd’hui le monopole. On comprendra alors que les (bonnes ou mauvaises) intentions de ceux qui
prennent les commandes d’un dispositif restent bien insignifiantes au regard des (bonnes ou mauvaises) intentions de ceux qui en ont d’abord
passé la commande. Parler d’un bon ou d’un mauvais usage possible apparaît alors comme une
opération visant à occulter le processus de délibération qui a présidé à la construction de tel ou tel dispositif, à occulter encore le fait qu’une poignée d’experts et de bureaucrates en a, à un moment donné, décrété autoritairement le bon usage, du fait même des problèmes réels qu’ils souhaitaient voir résoudre ; problèmes eux-mêmes subordonnés à la poursuite de certains intérêts, contingents et privés. A ce titre, la bombe A sert des intérêts identiques, qu’elle soit entre les mains de la mafia oligarchique américaine ou de n’importe quel « Etat-voyou ». Ni propre, ni sale, la bombe atomique est un dispositif de dissuasion globale qui permet de prendre profitablement l’ensemble de l’humanité en otage.
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Ceux qui n'ont rien à se reprocher.
i2d | 09 Avril, 2008 20:39
La propagation généralisée des dispositifs de surveillance et de contrôle peut se faire alors avec le consentement passif — et donc la complicité silencieuse — de ces catégories de la population qui prétendent n’avoir
rien à se reprocher.
« Si nous n’avons rien à nous reprocher, où est le problème ? », clament-t-elles d’une seule et même voix. Par un effet de cercle, s’inquiéter de l’installation de ces dispositifs — installés « pour
notre sécurité » — reviendrait ipso facto à se reconnaître certaines intentions malveillantes qu’ils ont précisément pour mission de prévenir ou d’inhiber. Car s’inquiéter de ces dispositifs, c’est apparaître comme
celui-là même qu’ils avaient vocation à stigmatiser ou à isoler du reste de la foule ; c’est se poser d’emblée comme ayant
quelque chose à se reprocher ; comme un délinquant possible, probable, avéré. Miracle du cercle de l’auto-justification.
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Du pain pour personne
i2d | 04 Avril, 2008 20:56
A l’initiative de l’Institut de démobilisation, le 28 mars 2008 à 16h30, une foule d’une trentaine d’individus, composée essentiellement de chômeurs, d’étudiants et de sans-logis, a escaladé les barrières de sécurité protégeant « Bread for everybody » avant de se vautrer dans cette marée de « pains services » précuits de la gamme RHD et de les jeter à l’aveuglette sur les passants, les badauds et finalement sur l’agent Sécuritas qui, devant le nombre et la détermination de ces artistes improvisés, a préféré se retrancher dans l’enceinte des Champs libres. Les petits pains blancs rassis relâchés dans la nature, la foule s’est dispersée dans l’allégresse. En guise de chapelure pour les pays souffrant de malnutrition, dont il est patent que nous sommes, nous invitons l’association « Pain contre la faim » à réduire la carcasse de la 4L bleue en poudre ; poudre dont les propriétés nutritives se révéleront à coup sûr étonnamment proches de celles des « prototypes » 163006, 162909 et 166000.
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