Pour une réappropriation (collective, politique) du vol.
i2d | 17 Mai, 2010 15:17
Car le rêve de tout Etat, son désir, sa fonction, est de parvenir à séparer la « délinquance » et les mouvements de la contestation « politique ». Pour que ceux-ci restent inoffensifs, se réduisent à des cortèges paisibles de manifestants civiques et raisonnables, il est nécessaire de décharger toute la violence sur celle-là ; on fait passer entre les deux une ligne de démarcation nette. D’un côté, on désarme la politique ; de l’autre, on dépolitise la violence. Quand des vitrines sont brisées dans le quartier latin, des magasins pillés, il faut toujours, il faut absolument, que ce ne soit qu’ « en marge des convois de manifestants ». Il n’y a aucun rapport, répèteront toujours les journaux, il n’y a aucun rapport, absolument, entre les manifestants (la politique, le discours) et les délinquants (le pénal, la violence). Ceux-ci ne font que profiter de ceux-là ; on nous explique même qu’ils les « discréditent », qu’ils « décrédibilisent le mouvement » et que l’opinion est unanime, est-elle par ailleurs favorable au mouvement, pour
condamner ces actesi. La mise en place de cette séparation a fait l’objet de maints efforts. Car longtemps, il a existé au contraire, entre le petit délinquant et la foule, un sentiment (politique) de (profonde) solidarité.
Pour une réappropriation (collective, politique) du vol.
Le Syndrome de Copenhague ou les tribulations d'un Vélostar à Rennes
i2d | 14 Décembre, 2009 15:00
Ce qui arrive aux Vélostars ? Mais les Rennais l’ont toujours su, et ils ne laissent pas de sourire, toutes les fois qu’ils y pensent, en pédalant joyeusement sur le mail, ou autour de la piscine de Bréquigny. Seuls les satrapes de la Ville de Rennes, la bleusaille du commissariat de police, les carambouilleurs de Keolis et les schmocks en goguette de Ouest-France s’obstinent à ne rien y comprendre. Comme si nous n’avions que ça à faire, à l’Institut de démobilisation, de leur expliquer comment va le monde, à tous ces oiseaux-là, et les tirer encore une fois de leurs belles rêveries capitalistes.
i2d_Le_Syndrome_de_Copenhague.pdf
Grande soirée comique Ouest-France
i2d | 01 Décembre, 2009 16:27
Res perit domino ou les tribulations de l'objet trouvé
i2d | 18 Novembre, 2009 17:15
Mais mieux que ça, Mignot avançait que les chiens, en s’efforçant d’éloigner les tire-gousset des petites propriétés privées de leurs maîtres, les dévoilaient également comme telles ; autrement dit, c’était tout à fait cocasse, les chiens produisaient de l’
envie et du
désir. En effet, personne n’aurait eu la curiosité de venir se promener au milieu de cette friche d’herbes folles, si le rapace du
Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes n’avait eu la détestable idée de l’encercler d’un enclos et de dire : « Ceci est à moi ! ». C’étaient les clôtures qui indiquaient l’existence de ces jardins des Hespérides de quatre sous, que tous les vieux grigous s’éreintaient à dissimuler derrière elles. Comme le disait Harpagon en personne : «
On n’est pas peu embarrassé à inventer dans toute une maison une cache fidèle ; car pour moi, les coffres-forts me sont suspects, et je ne veux jamais m’y fier : je les tiens justement une franche amorce à voleurs, et c’est toujours la première chose que l’on va attaquer. » En réalité, les chiens nous invitaient à nous emparer d’une infinité d’objets dont nous nous serions désintéressés en leur absence.
i2d_res_perit_domino.pdf
Destruction de la foule, fabrication des solitudes
i2d | 17 Novembre, 2009 17:25
La vieille pinacothèque de Munich, que Louis Ier fonde en 1826, si vous y entrez aujourd’hui et prenez en entrant l’escalier à main droite, laissant là guides et guichets, si vous allez droit au fond de la première petite salle, alors la vieille pinacothèque vous donne du Bruegel l’ancien. Dans le but de mesurer la destruction de la foule, regardons
Le Sermon de saint Jean-Baptiste. Là, autour de l’homme qui prêche, à l’entrée d’une forêt profonde, là, entre les arbres, une foule assemblée.
Menge, Gedränge, Gemeinde, Gesindel, la foule est pressante, compacte, commune, racaille, ramassis... Diversité des postures, des visages, des corpulences, des dentitions, des nez… Maintenant, dépliant par-dessus le plan circulaire du panoptique de Bentham, regardons-le, non plus comme prison enfin moderne, ni non plus comme l’image de la discipline – regardons-le cette fois comme appareil à détruire la foule flamande de Bruegel et toutes les autres foules de tous les autres lieux, foules passées et foules à venir. Regardons-le comme le tamis colossal et pointu, le blutoir long et serré, où la foule flamande fut par les siècles passée, vannée – détruite comme foule.
i2d_destruction_foule.doc
Trois textes concernant la question de l’enseignement, proposés par l’Institut de démobilisation à l’attention des enseignants et des recteurs d’académie, lors de la rentrée de septembre 2009.
i2d | 13 Septembre, 2009 15:24
« Je ne cesse de le répéter depuis deux ans : nous, les Entrepreneurs, nous pouvons être à ce siècle encore tout jeune, ce que les instituteurs ont été à notre IIIe République. L’école était chargée de former le citoyen, c’est à l’entreprise aujourd’hui de lui apprendre le nouveau monde. Les instituteurs étaient les messagers de l’universel républicain, les entrepreneurs sont aujourd’hui les porteurs de la diversité de la mondialisation. Les instituteurs détenaient la clé de la promotion populaire. Nous, les entrepreneurs, nous sommes les moteurs de l’ascension sociale. Comme eux, nous devons
contribuer à rendre le monde lisible. » Laurence Parisot, lors de son élection à la tête du MEDEF, le 5 juillet 2005.
i2d_trois_textes_enseignement.pdf
De la destruction du travail, accomplie à l’époque de sa plus grande ampleur.
i2d | 15 Juin, 2009 17:58
[ Thèse :
La grève est le péché exact de la morale ascète-protestante, laquelle détruit le travail – dans le temps même où elle l’amplifie. La grève a pour but la destruction de cette morale. Elle a pour but de relever le travail ; d’en sauver, contre les perversions de la langue, jusqu’à la réalité. ]
Ce texte est une lecture du livre de Max Weber,
L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. La première partie montre que le capitalisme n’est possible que là où existe une certaine éthique du travail ; là où le travail vaut absolument, comme pure forme : évidé, détaché, abstrait. La seconde partie cherche à établir l’origine de ce « travail » nouveau. La troisième repose le problème de cette forme dans la société moderne, athée. Tout, jusque là, prend appui, assise, sur le livre de Max Weber. Une quatrième partie offre à la thèse un corollaire. Quelques lemmes et scolies sont éparpillés çà et là dans le corps du texte. Celui-ci s’annexe aux « Thèses sur le concept de grève » ; mais peut être lu sans elles.
Weber-grèveA5-17e.doc
Epaule d’Ulysse à son retour de Troie. Les bancs, tabourets modernes, à l’échine du vagabond.
i2d | 15 Février, 2009 16:06
Il s’agit de parler un peu des bancs : de ce qu’ils furent, sont, deviennent. Dans la nouvelle économie de l’espace urbain, vaste entreprise de lissage, de fonctionnalisation des lieux et de prévention des désirs, le banc est apparu comme un
problème ; auquel on a, logiquement — c’est-à-dire dans la logique problème/solution, qui est la pensée de l’ingénieur —, trouvé des solutions.
Il s'agit aussi de parler un peu de l'accueil grec, tel qu'on le lit dans
L'Odyssée.
[ Le texte joint correspond à la réédition du texte (avril 2010) ]
bancs-F-17aaa.doc
« Jadis, déjà ? Combien pourtant je me rappelle… » Considérations sur ce que fut la SNCF et ce qu’elle est devenue.
i2d | 14 Février, 2009 16:05
Partout où vous, cheminots, chercherez à reprendre votre dignité perdue, à reprendre les trains, les gares, les guichets, à ceux qui vous les ont pris, nous, voyageurs, serons avec vous, cheminots. Partout où vous vous battrez pour rendre les trains aux voyageurs, et briserez les dispositifs qui nous transforment en clients, et vous en petits marchands, nous serons à vos côtés, joyeux ; et prêts pour les occupations joyeuses des espaces reconquis. Tant pis si notre voyage, ce jour-là, échoue à cause de la grève. Ce sera la plus belle et la plus vraie des grèves : la grande réappropriation commune des trains par les cheminots et les voyageurs, la reconquête des engins, des voies, des câbleries, des tunnels, des ponts ! La grande réappropriation du voyage, et le beau désir d’aller !
i2d_jadis_déjà_SNCF.pdf
"Nous" ?
i2d | 06 Février, 2009 16:02
« Nous sommes tellement habitués à la Démocratie, qu’elle semble indestructible. Or, elle doit se construire inlassablement. C’est encore plus vrai en ce temps de crise qui annonce de profonds changements dans nos rapports avec les autres continents. Nous réalisons que nous avons été aussi imprévoyants que les cigales de La Fontaine en préférant développer nos loisirs et en négligeant les efforts indispensables pour rester dans la course du monde. Alors que la faim, la guerre et la maladie déciment des peuples entiers, nous nous imaginons arrivés “au paradis de la consommation”. Et nous nous sommes endormis […] ». i2d_Nous_Hutin_.pdf